Bivouac au Refuge des Girards et deux des Trois Becs : dormir au frais en pleine canicule
Un week-end de canicule pour le solstice d'été : plutôt que de cuire dans la plaine, on file dormir en altitude du côté des Trois Becs. Montée au Pas de la Siara en fin de journée, nuit de bivouac près du Refuge des Girards où il est autorisé, puis au petit matin deux des trois sommets, le Signal et le Veyou, la Roche Courbe restant fermée en zone de quiétude. Une nuit au frais et un coin de la forêt de Saoû que les garçons découvrent.
Les 20 et 21 juin 2026, on est repartis tous les trois pour une nuit sous tente. Sauf que ce week-end-là, la météo avait son mot à dire : canicule annoncée, chaleur lourde dès le matin. La meilleure parade qu’on connaisse pour ça, c’est encore de prendre de l’altitude et d’aller dormir au frais. Direction la forêt de Saoû, côté Trois Becs, un secteur que les garçons ne connaissaient pas encore.
On a donc choisi de partir en fin d’après-midi, histoire de faire la montée dans la lumière déclinante plutôt qu’en plein cagnard. On laisse la voiture au parking du col de la Chaudière sur les coups de 17h15, sacs sur le dos, et on entame la grimpée vers le Pas de la Siara.


Une montée raide dans la lumière du soir
La montée vers le Pas de la Siara est raide, franche, et encore bien exposée au soleil à cette heure. Avec le matériel de bivouac sur le dos, on prend le temps, pas de course. Et plus on s’élève, plus on sent un petit vent se lever, relativement frais, qui rend l’ascension nettement moins pénible. À la canicule d’en bas répond, mètre après mètre, une atmosphère plus respirable.

La lumière est superbe en cette fin de journée de solstice d’été, la plus longue de l’année. Content d’être là tous les trois, pour une nouvelle nuit dehors dans ce massif que les garçons découvrent.


Le Pas de la Siara, puis la piste vers les Girards
Une fois le Pas de la Siara atteint, la suite devient beaucoup plus roulante. Une large piste descendante file en direction du Refuge des Girards. J’avais repéré le lieu en amont : le bivouac y est autorisé dans un secteur de cent mètres autour du refuge, ce qui est suffisamment rare dans le coin pour qu’on en profite dans les règles.
On plante nos deux tentes, on prépare notre petit cocon pour la nuit, puis on file dans le refuge pour cuisiner. Le feu est interdit dans tout le massif de Saoû, alors pas de discussion : réchaud et consignes respectées.

Lyophilisés et fous rires au refuge
Au menu du soir, on inaugure une nouvelle marque de lyophilisés, Capra Nutrition : français et halal, ce qui n’est pas si courant et qui change tout pour nous. Un vrai régal, autant pour les garçons que pour moi. Sur un plateau, après la marche, un sachet réhydraté fumant vaut tous les restaurants.

Pendant que la nuit se couche tout doucement, on rigole à gorge déployée dans le refuge. Un de ces moments qu’on n’oublie pas, en tout cas pour un papa. Vers 22 heures, tout le monde file au dodo.
Et aussi étonnant que ça puisse paraître, le sommeil emporte la petite troupe en quelques minutes. Une vraie bonne nuit pour un bivouac, avec un court réveil vers 4h30, puis le branle-bas général vers 6 heures : on voulait se mettre en marche aux premières heures, avant que la chaleur ne reprenne ses droits.
Changement de programme : deux becs au lieu de trois
On prend le sentier vers 7h30, il fait bon et frais. Au passage, un ajustement de dernière minute s’impose : on devait enchaîner les trois becs, mais la Roche Courbe se trouve, jusqu’au 15 juillet, dans une zone de quiétude temporaire pour la faune. Tant pis pour le trio, on se contentera de deux sommets, et c’est très bien comme ça, on respecte.
On emprunte donc la même piste forestière qu’hier, puis on bifurque après la Fontaine de l’Oiseau dans une sente particulièrement raide, qui nous mène rapidement au Passage de la Picoudière. De là, on attaque l’ascension du premier bec : le Signal (1 559 m).



Le Signal, premier bec
Les enfants râlent un peu, mais c’est bien normal : ça grimpe sec de bon matin, et le soleil commence déjà à se faire sentir. Mais quelle récompense au sommet ! Une vue splendide, avec d’un côté la Roche Courbe, inaccessible pour cette fois, et de l’autre notre prochain objectif, le Veyou.

Ces crêtes des Trois Becs, c’est la ligne de faîte de l’un des synclinaux perchés les plus hauts d’Europe : un grand vaisseau de calcaire, plissé puis soulevé, dont l’érosion a inversé le relief jusqu’à faire d’un ancien creux ces sommets effilés. On marche, sans toujours y penser, sur la proue de ce navire de roche.




Le Veyou, point culminant du massif
On redescend du Signal en direction du Veyou, et on s’attaque à ce deuxième bec. Plus impressionnant que long, finalement. Et la vue, au sommet du Veyou (1 589 m), le point culminant du massif, est encore plus spectaculaire : on aperçoit les deux autres becs en enfilade, et on embrasse la totalité du synclinal d’un seul coup d’œil.

La longue descente vers le parking
La suite, c’est une longue, très longue descente vers le Pas de la Siara, puis vers le parking. Elle met les genoux et les cuisses à contribution, en plein soleil désormais, et elle se fait un peu longuette. Mais la vue qui s’ouvre sur le parking, tout en bas, offre une perspective réjouissante : la promesse de la fin de l’effort.
Au compteur des deux jours : environ 12 km et 816 m de dénivelé positif. Le parcours dessine une boucle dans sa partie haute, sur les becs ; seules la liaison entre le parking et le Pas de la Siara et le petit crochet jusqu’au Refuge des Girards, pour la nuit, se font en aller-retour.



Burger, glace et eau de coco
Sur le retour, stop à Crest pour acheter de quoi se faire notre désormais traditionnel burger maison + glace + eau de coco de récup. Le rituel d’après-rando, celui que les garçons réclament autant que les sommets. Puis après-midi calme à la maison, jambes posées.
Une nuit au frais quand tout cuisait dans la plaine, deux becs cochés sur trois, et des garçons qui rentrent avec un nouveau coin de la forêt de Saoû dans la tête. Bravo les garçons !
Sources & ressources
- La trace de l’approche du soir sur Strava : la montée au refuge, 4,8 km et 313 m D+.
- La trace du second jour sur Strava : les deux becs et la descente vers le parking, 7,4 km et 503 m D+.
- Le Refuge des Girards (Drôme c’est ma nature) : la fiche du refuge et les conditions de bivouac.
- Zone de quiétude des 3 Becs, forêt de Saoû 2025 (Vallée de la Drôme Tourisme) : les dates et le périmètre de la zone protégée.
- Les Trois Becs depuis le col de la Chaudière (AltitudeRando) : le topo détaillé de l’itinéraire et la toponymie.
- Capra Nutrition : la marque française et halal de lyophilisés testée ce soir-là.
- Notre boucle à Roche Colombe et au Pas de l’Échelette : un autre versant du même synclinal de Saoû, en tête-à-tête avec les garçons.