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Récit 4 min de lecture Vercors

À l'heure fraîche, le Pont des Sarrasins – rando-trail solo à Châteaudouble

Une boucle matinale en rando-trail au-dessus de Châteaudouble, à la recherche d'un peu de fraîcheur avant la canicule. Une escorte de patou, une montée en sous-bois et la plus grande arche du Vercors au bout du sentier.

À l'heure fraîche, le Pont des Sarrasins – rando-trail solo à Châteaudouble

Six heures quinze sur le parking de Châteaudouble. La chance d’habiter un village juste à côté, d’avoir ce terrain de jeu à portée de pas, c’est presque indécent. Après cette folle semaine de canicule dès le mois de mai, je n’avais qu’une envie : aller cueillir un peu de fraîcheur avant que la chaleur ne reprenne ses droits sur la plaine.

Je connais cette boucle. Courte, belle, efficace. Et, au bout, une curiosité géologique qui ne lasse jamais : la plus grande arche du Vercors. Le genre d’itinéraire qu’on s’offre en solo, au pas de course tranquille, juste pour le plaisir d’être dehors quand le reste du monde dort encore.

Une escorte à quatre pattes

Je démarre doucement. Et je sais que, dès les premiers mètres, je vais longer un grand pâturage. Depuis le parking, j’entends déjà les cloches d’un troupeau de moutons. Je suis prudent, un peu inquiet aussi : ici, les attaques de loups sont fréquentes, alors c’est quasi sûr : le troupeau est gardé par un patou.

Sans surprise : oui.

Pourtant, j’avais fait mes devoirs : avant de partir, j’avais consulté MapPatou, la carte qui recense les troupeaux protégés. Ce troupeau-là n’y figurait pas. Bonne piqûre de rappel : un outil ne remplace jamais l’attention au terrain. Sur place, les cloches ne mentent pas, alors je restais sur mes gardes.

Le sentier longe la clôture sur quelques mètres à peine, le troupeau est loin… mais j’ai à peine posé le pied au bord de la barrière que le patou s’élance dans ma direction. Il est efficace, ce chien. Pas agressif, mais suffisamment clair dans son intention : quelques aboiements, aucun grognement. Il m’escorte, sans me lâcher des yeux, jusqu’à ce que le sentier s’éloigne enfin de son troupeau. Plus de peur que de mal.

J’avais d’ailleurs mon plan B en tête : prêt à faire la boucle dans l’autre sens, voire à renoncer pour un simple aller-retour, si le patou s’était montré plus véhément. On ne force jamais le passage face à un chien de protection : on s’adapte.

Au passage : bien réagir face à un patou. Ces chiens de protection font leur travail : ils évaluent une menace, pas une personne. On ralentit, on contourne le troupeau largement, on évite les gestes brusques et le contact visuel insistant, et surtout on ne court pas. On laisse le chien comprendre qu’on ne fait que passer. C’est exactement ce qui s’est joué ce matin.

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La montée, et les premiers rayons

Une fois la barrière derrière moi, le sentier bascule en sous-bois. La montée est agréable, régulière, sans à-coups. Le genre de pente qui se laisse grimper sans qu’on y pense.

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Les premiers rayons du soleil viennent caresser les fleurs de cette fin de printemps, dans ce piémont du Vercors encore humide de nuit. La lumière rasante, la fraîcheur des feuillages, le silence à peine troublé par mes appuis : tout ce que j’étais venu chercher est là.

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L’arche, presque par surprise

Et puis, enfin, presque par surprise, on arrive au but : cette immense arche.

Le Pont des Sarrasins. Plus de douze mètres de haut, l’une des plus grandes arches du Vercors. Et ce n’est pas rien : le Vercors est le massif alpin le plus riche en arches naturelles, loin devant la Chartreuse ou le Dévoluy. On a beau connaître l’endroit, le voir surgir au détour du sentier fait toujours le même effet.

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Le retour, et un détour boulangerie

On longe les falaises sur quelques mètres avant de replonger vers le village. Une longue descente, régulière et agréable, qui déroule jusqu’au parking.

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Il est huit heures quarante-cinq quand je retrouve la voiture. Boucle bouclée : sept kilomètres et demi, cinq cents mètres de dénivelé au compteur de la montre, le tout avalé en deux heures et demie, pauses comprises.

Arrêt obligatoire à la boulangerie pour offrir un bon petit déjeuner à la famille, qui dort encore paisiblement quand je rentre.

La journée peut commencer.

Sources & ressources

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