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Récit 7 min de lecture Vercors

Le vallon de Combeau : la rando qui met les quatre d'accord

Troisième jour de vacances dans le Haut Diois, et pour une fois on part tous les quatre. Le vallon de Combeau, porte d'entrée de la réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors, offre exactement ce qu'on cherchait : six kilomètres, trois cents mètres de dénivelé, un alpage large et facile, et tout en haut une vue plein nord sur le Mont Aiguille, le Grand Veymont et toute la barrière est du Vercors. Rentrés au chalet pour midi, sans que personne n'ait souffert.

Le vallon de Combeau : la rando qui met les quatre d'accord

Il y a des randonnées qu’on choisit pour le défi, et il y a celles qu’on choisit pour que tout le monde vienne. Ce mercredi 12 août, troisième jour de notre semaine dans le Haut Diois, c’était clairement la deuxième catégorie.

Les deux sorties précédentes s’étaient faites en comité réduit : le premier trail de Mini 1 aux Sucettes de Borne le lundi, puis le pas de l’Échelle jusqu’à Soubreroche le mardi avec les garçons. Cette fois, l’objectif était simple et il n’avait rien de sportif : marcher tous les quatre.

Un cahier des charges très précis

Mon épouse a des soucis de genoux dès que le dénivelé devient un peu sérieux. Ce n’est pas négociable, et ça oriente complètement le choix de la sortie : il faut peu de D+, peu de kilomètres, et surtout pas de descente longue et raide en fin de parcours.

Le reste du cahier des charges tenait en une ligne : être rentrés au chalet pour le repas de midi. Pas un gros truc. Juste du kiff et de beaux paysages.

Sur le papier, le vallon de Combeau cochait toutes les cases. Six kilomètres aller-retour, trois cents mètres de dénivelé étalés sur trois kilomètres de montée, un sentier d’alpage sans difficulté technique, et au bout une vue réputée spectaculaire sur le Mont Aiguille et la barrière est du Vercors. Difficile de faire mieux comme rapport effort/paysage.

Et il y a autre chose qui me fait sourire à chaque fois. On est partis en vacances à une heure de chez nous. C’est quasiment la maison. Mais quand on habite la Drôme, on n’a pas franchement besoin d’aller chercher ailleurs : on aime notre département, alors on y part en vacances.

Arriver tôt au parking de la Fontaine des Prêtres

Le vallon de Combeau est une des randonnées les plus populaires du secteur, et ça se joue au parking. On remonte la petite route depuis Bénevise jusqu’au bout du vallon, on dépasse le gîte-auberge, et on se gare au parking de la Fontaine des Prêtres, vers 1460 mètres. Le nombre de places est limité, franchement limité.

On était arrivés tôt, et bien nous en a pris : au retour, deux heures plus tard, le parking était plein. C’est le genre de détail à noter si vous prévoyez d’y aller un jour d’août. Départ 9h22.

Un vallon en auge, large et lumineux

Ce qui frappe dès les premiers mètres, c’est la forme du vallon. C’est une vallée en auge, fond plat et versants raides, héritée du travail des glaciers, dominée par la Montagnette (1972 m) d’un côté et fermée au fond par la Tête Chevalière (1951 m). On marche dans un couloir d’herbe immense, avec de la roche partout autour, et cette impression très particulière d’être à la fois dans un endroit vaste et complètement abrité.

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Le sentier monte doucement, régulièrement, sans jamais forcer. Pas de raidillon, pas de passage technique, pas de caillasse casse-pattes : de l’alpage, du début à la fin. Exactement ce qu’on était venus chercher.

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On passe d’abord devant une ferme d’alpage, celle des vaches, avec son parc. C’est le premier vrai repère du parcours et ça rappelle ce qu’est ce vallon avant d’être un décor de carte postale : un lieu de travail, un pâturage d’été comme il y en a dans tout le Vercors, où le troupeau monte quand l’herbe est là.

L’entrée dans la plus grande réserve naturelle de France

En remontant, on entre dans la réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors. Ça vaut le coup de savoir où on met les pieds : créée en 1985, elle couvre 17 000 hectares et c’est la plus grande réserve naturelle terrestre de France métropolitaine.

Qui dit réserve dit règles, et elles sont strictes : chiens interdits, même tenus en laisse, pas de feu, pas de cueillette, pas de ramassage de fossiles. Le bivouac y est toléré, mais uniquement tente montée après 17h et pliée avant 9h. À vérifier avant de partir si vous venez avec le chien de la famille, parce que c’est le genre d’information qui gâche une matinée quand on la découvre au panneau du départ.

Un peu plus haut, sur la gauche du sentier, il y a l’abri de l’Essaure (1653 m). C’est une cabane non gardée, une des huit en libre accès de la réserve, avec une salle commune, une table et un poêle à bois. On ne s’y est pas arrêtés, juste aperçue en passant, mais elle reste dans un coin de ma tête : c’est typiquement le genre de point de chute qui donne des idées pour une prochaine sortie plus ambitieuse.

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Des marmottes, et beaucoup de monde

Côté faune, on a eu quelques marmottes, ce qui reste le grand classique du secteur et fonctionne toujours à merveille avec les enfants. Mais soyons honnêtes : on a croisé bien plus de randonneurs que d’animaux sauvages. C’est la contrepartie directe de la popularité du lieu, un matin de mi-août.

Ça ne gâche rien, mais autant le savoir : ce n’est pas ici qu’on vient chercher la solitude. On vient chercher un vallon magnifique, accessible à tous, avec une vue au bout. Et sur ce point, il tient parole.

En haut : le Mont Aiguille en face

Après trois kilomètres de montée régulière, on arrive vers 1695 mètres, juste sous le pas de l’Essaure. Et là, le paysage bascule d’un coup.

Le pas est la brèche qui fait communiquer le vallon avec le Trièves, de l’autre côté. On n’est pas allés basculer sur l’autre versant, ce n’était pas le programme du jour, mais on n’en avait pas besoin : depuis le point de vue, on a droit à toute la barrière est du Vercors, avec le Grand Veymont et surtout le Mont Aiguille, cette drôle de proue de calcaire posée là comme si elle avait été découpée au couteau.

C’est la récompense de la matinée, et elle est largement à la hauteur du prix demandé. Trois cents mètres de dénivelé pour ça, c’est une affaire.

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La pause écourtée par les mouches

On aurait pu rester une heure là-haut à regarder en face. On y est restés le temps de quelques photos, et pas beaucoup plus.

Parce qu’il y avait les mouches. Et parce que Mini 2, dans ces conditions, a fait savoir avec une certaine constance qu’il ne voyait pas l’intérêt de rester planté au même endroit. Grande scène classique de la randonnée en famille : le paysage est sublime, les parents veulent le contempler, et le plus jeune considère que le sujet est traité au bout de quatre minutes.

Alors on a plié bagage et on est repartis. C’est aussi ça, marcher à quatre : on avance au rythme du moins patient.

Redescendre pour midi

La descente se fait par le même chemin, ce qui n’a rien d’une punition dans un vallon comme celui-là : on a le décor en face de soi tout du long. Et surtout, la pente douce et régulière fait exactement ce qu’on attendait d’elle : pas de longue descente cassante, ce qui était toute la raison du choix de cet itinéraire.

Retour à la voiture après 2h05 en tout, arrêts compris, pour 6,2 kilomètres et 296 mètres de dénivelé. Le parking était plein. Il était à peine plus de onze heures et demie, et on est rentrés au chalet à temps pour manger, comme prévu.

Ce qu’on en retient

C’est une sortie sans exploit, sans passage impressionnant, sans sommet à raconter. Et pourtant c’est peut-être la plus utile de la semaine : celle où tout le monde était là, où personne n’a serré les dents, et où on a pris une claque de paysage sans avoir rien à négocier avec personne.

Quand on randonne en famille avec une contrainte physique dans l’équipe, on passe beaucoup de temps à chercher l’itinéraire qui ne demande à personne de renoncer. Le vallon de Combeau, c’est exactement ça : un endroit qui donne beaucoup et qui demande peu. Il y a pire, comme définition d’une bonne matinée de vacances.

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